Françoise Hardy a été nommée « Star et Ermite », voilà une belle définition pour une artiste qui nous enchante et envoûte de sa voix fragile, avec constance et élégance sans jamais se ternir.
Une carrière qui approche sa cinquième décennie, et une créatrice qui reste toujours dans l’actualité par ses disques, ou ses livres.
La jeune Françoise, solitaire de nature, ne s'épanouit pas dans l'institution religieuse qu'elle fréquente. Son seul plaisir, écouter les radios outre-manche.
Pour fêter son succès au bac, son père lui offre une guitare.
Elle commence alors à écrire des chansons et s'inscrit au Petit Conservatoire de Mireille, pour apprendre la mesure, et fait ses premiers pas sur scène au Moka Club alias le Club des Mordus.
Fin 1961, Jacques Wolfsohn lui signe son premier contrat, et fin avril 1962 sort Tous les garçons et les filles. La réalisation du
scopitone de ce titre est signée par un inconnu, Claude Lelouch.
Cette chanson enregistrée fait le tour du monde (les ventes se comptent par millions d’exemplaires) un exploit pour cette véritable timide, propulsée sous les feux de la rampe du jour au lendemain. Elle vend en six mois, plus de disques qu’Edith Piaf dans toute sa carrière.
Elle rencontre Jean-Marie Perier pour une séance de photos pour la revue Salut les copains.
Il va changer la jeune fille en femme.
En 1963 elle représente Monaco à l’Eurovision et termine cinquième avec L’amour s’en va.
De chanteuse célèbre mais effacée, Françoise Hardy se transforme en icône moderne, voire avant-gardiste, sous l’influence de son pygmalion. Habillée par André Courrèges, Paco Rabanne, Chanel et Yves Saint-Laurent.
Elle fait scandale au Festival de Venise en apparaissant en mini jupe.
Françoise se produit pour la première fois en 1965 au Savoy de Londres devant tout ce que la capitale anglaise compte de célébrités.
Elle remplit la salle pendant de nombreuses semaines.
Elle fait craquer entre autres Bowie, Jagger, et Dylan (qui refuse de faire la seconde partie de son concert à l’Olympia si Françoise ne vient pas le voir dans sa loge).
Elvis Presley en 1968 dira d’elle « C’est ma chanteuse préférée »,
Avec son physique d’endive (d’après Philippe Bouvard !), ou de « pince coupante vue de profil » (les Frères Ennemis) elle devient le « type » de la femme dans le vent !
Dis-lui non
- live -
Ses mélodies mélancoliques Mon amie la rose, ou plus rocks Je n’attends plus personne séduisent les Beatles, les Rolling Stones, le photographe anglais
David Bailey ...
Elle enregistre en français, anglais, allemand, italien, brésilien, espagnol, et enchaîne les shows télévisés en Europe, en Afrique, en Amérique du Sud comme aux USA ou au Canada.
Actuellement, plus de deux cents cinquante reprises des ses chansons par des artistes de tous les continents, courent à travers le monde.
Elle joue dans plusieurs films :
Château en Suède de Roger Vadim, Une balle au cœur de Jean-Daniel Pollet, Grand Prix de John Frankenheimer, Masculin féminin de Jean-Luc Godard, Se de essere sincera de Davide Ferrario, L’homme qui venait du Cher de Maurice Dumay, Altissima pressione de Enzo Trapani …
Sous son apparence nonchalante elle enchante les critiques avec ses prestations « Françoise Hardy
menace le règne de Brigitte Bardot », mais elle ne se lancera jamais à fond dans le septième art.
Jean-Marie Périer essaiera de la mettre sur pellicule avec Mick Jagger dans Les enfants
terribles en 1964 d’après l’œuvre de Jean Cocteau.
Dans un autre projet pressenti sur le nom de Françoise, il y a La perruque en 1968 où elle doit jouer son propre personnage, et Jean-Paul Goude celui de Jean-Marie Périer, sous la direction de ce dernier.
Ces deux longs métrages ne verront pas le jour.
Elle a refusé en 1963 de participer à Cherchez l’idole film de Michel Boisrond sur l’époque yé
yé.
En 1968, elle a achète les droits d’une musique, demande à Serge Gainsbourg d’en écrire le texte, ça devient Comment te dire adieu repris entre autre par Jimmy Sommerville
dans les années 90.
Souvent nostalgique - La maison où j’ai grandi – L’amitié …
Parfois jazzy – I’ll be sseing you (en duo avec Iggy Pop), Jazzy retro Satanas …
Elle peut être aussi sensuelle - Moi vouloir toi – Chanson d’O …
Drôle - Les doigts dans la porte - Etonnez-moi Benoît …
Enfantine - Dame souris trotte …
Ambiguë - La rue du babouin …
Douloureuse - Modern style (en duo avec Alain Delon)…
Ou déchirée - Un homme est mort - « Suzanne » ...
Elle évolue sans se fourvoyer !
Où va la chance
- live -
Elle chante au quatre coins du monde, plus de 300 concerts en 1966.
Un jour au Portugal alors qu’elle vient d’arriver du Canada, le lendemain en Angleterre, le surlendemain en Allemagne, et elle part directement après chanter en
Afrique du Sud.
Afrique du Sud où il faudra les lances à incendie des pompiers pour lui permettre de quitter le stade où elle a chanté, bloqué par ses fans. Seul Franck Sinatra y avait eu un tel accueil.
En 1968 elle arrête la scène après un récital à Kinshasa au Congo (une rumeur qu’elle dément, ce serait Savoy de Londres après une série de concerts ).
Barbara le regrette, en 1969 elle confie :
« J’espère qu’elle reviendra sur scène, elle y dégage une immense émotion ».
Une tentative avortée d’y revenir dans les années 70.
Une autre en 2000, pour un concert privé à la demande de Virgin, (elle avait donné son accord, mais le projet à trainé plusieurs mois, et mi-2001 elle a tout arrêté devant la
longueur que mettait ce projet à se monter).
Ce sont les deux seules fois où elle a failli remonter sur scène, sauf pour des prestations amicales, comme l’anniversaire de Julien Clerc en 1997 au Palais des Sports.
En 1973, elle réalise en collaboration avec Michel Berger l’album « Message Personnel » en attendant la naissance de son fils Thomas avec l’homme de sa vie
Jacques Dutronc.
Elle enchaîne disques et rencontres :
Catherine Lara pour Entracte,
Michel Jonasz pour Musique saoûle,
Louis Chedid pour A suivre
et surtout Gabriel Yared avec lequel elle enregistrera cinq albums jusqu’en 1982.
En 1988 avec Décalages et de nouvelles sonorités, elle conquiert un nouveau public ! Pourtant elle déclare que c’est son dernier disque, un an plus tard toutefois, elle sort un album où elle revisite quatre de ses anciens titres.
Bien qu’en retrait du monde médiatique, elle écrit et participe à des livres traitant de l’astrologie, et ne renonce pas totalement à sa carrière.
Blur, groupe brit-pop à
la mode, lui demande de partager un tendre duo avec To The End.
Avec Malcom Mc Laren ce sera Revenge of the flowers.
Avec Alain Lubrano elle enregistre Si ça fait mal, superbement mis en image par Lewis
Furey.
Avec le groupe Air, le titre Jeanne pour les
Etats-Unis.
Poussée par Etienne Daho, elle quitte sa semi retraite pour écrire Le danger.
Cet album rock, distribué dans les bacs en 1996, fonctionnera difficilement, sauf en Suède et en Russie (pays où pendant le voyage de Charles de Gaulle en 1967 ses chansons passaient 24 heures sur 24 en alternance avec celles d’Yves Montand).
Puisque vous partez en voyage, virgule de fraîcheur et d’humour en duo avec Jacques Dutronc, est
le titre qui sera le plus diffusé sur les ondes francophones de l’an 2000.
En 2006 à Québec le spectacle Merci Françoise Hardy remporte un triomphe sur scène.
Vanity Fair aux USA, dans son dictionnaire des artistes internationaux ne cite que deux français – Serge Gainsbourg et Françoise Hardy –
En 2004 elle reçoit la Victoire de la musique pour l’album Tant de belles choses
Tant de belles choses
- télévision -
Novembre 2006 parait Parenthèses, opus de duos.
Beaucoup de livres ont été écrit sur elle avec des signatures comme celles d'Etienne Daho, Jérome Soligny,
Catherine Rotulo, Gilles Verlant ... mais cette fois-ci, c'est elle qui prend la plume pour nous offrir le 9 octobre son autobiographie :
Le désespoir des singes et autres
bagatelle.
Inspirée, passionnée, charismatique, surprenante, perfectionniste, elle sait toujours aller où on ne l’attend pas, tout en préservant cependant son identité !
2006
- Grande médaille de vermeille de l’Académie Française pour l’ensemble de ses chansons
2005
- Victoire de la musique – Meilleure artiste féminine – pour l’album « Tant de belles choses »
- Prix - Les Classiques de la SOCAN - au Canada en tant qu’auteur pour « Faire à nouveau connaissance »
- Légion d'Honneur
avec élégance elle décline la proposition de remise de cette distinction, considérant « qu’elle n’avait pour seul mérite que celui d’avoir exercé une profession qui lui avait apporté beaucoup de bonheur »
2001
- Nominations aux Victoires de la musique
- Meilleur album de l’année pour l’album « Clair-obscur »
- Meilleur site Internet –
2000
- Grand Prix de la SACEM pour l’album « Clair-obscur »
1991
- Victoire de la musique - Meilleure chanson de l’année (auteur) pour « Fais moi une place »
1982
- Prix Diamant de la Chanson Française pour l’album « Tirez pas sur l’ambulance »
1970
- Prix de la Pop Music pour la chanson « Le crabe »
1968
- Coq d’or - au Festival International de la Chanson de Rio pour le titre « A quoi ça sert »
1963
- Grand Prix de l’Académie Charles Cros pour son 1er album
- Trophée de la télévision pour « Tous les garçons et les filles »
« Je suis plus concrète qu’abstraite »
« A chaque chanson, j’ai peur que ce soit la dernière »
« L’astrologie ne permet pas de faire des prédictions »
« C’est quand même bizarre de passer sa vie à chanter »
« Une chanson, c’est souvent une sublimation, ça n’est pas la réalité »
ils ont dit