Hier c'est ouvert le Festival annuel de la bande dessinée à Angoulême avec le retour sur un parcours d'auteur exceptionnel, à l'occasion de ce 35e Festival, dont José Muñoz assure la présidence du jury.
Pour la circonstance, plutôt que de présenter une exposition de ses seules images, le dessinateur a souhaité superviser une anthologie transversale, surprenante et passionnée, au cœur de la bande dessinée argentine et de son histoire. Il ne s'agit pas là d'un regard encyclopédique, mais bien davantage d'un témoignage subjectif, produit d'une démarche sentimentale voulue et assumée : l'hommage ému de Muñoz au pays de ses racines, à ses maîtres et à ses lectures...
Première partie, plus de deux cents dessins et planches originales sont ainsi présentées et commentés par le dessinateur, qui met en lumière non seulement le contexte sociopolitique et culturel de leur parution, mais aussi l'importance affective qu'ils revêtent à ses yeux.
La deuxième partie se concentre sur les revues Patoruzito, Misterix, Hora Cero et Tia Vicenta - du milieu des années 50 aux années 70. Cette période exprime une forte influence de la bande dessinée nord-américaine, mais aussi les changements et innovations provoqués par l'arrivée en Argentine de jeunes auteurs italiens (notamment Hugo Pratt et Alberto Ongaro) et l'affirmation de jeunes talents argentins tels que Solano Lopez, Vogt, Zoppi, Carlos Cruz et Alberto Breccia, l'Uruguayen adopté.
La troisième partie dédiée aux années dites « des survivants » et correspondant à la fin de la dictature en Argentine, José Muñoz a tenu à mettre en lumière des créations plus récentes : zoom sur des auteurs-phares tels que Quino avec Mafalda, Copi avec La femme assise ou la dessinatrice Maitena, aujourd'hui traduite dans le monde entier.
Quatrième partie, à la jeune génération de la bande dessinée argentine, née entre 1975 et 1990, riche d'une bonne vingtaine de talents hors norme. Un travail aussi passionnant qu'inédit : jamais encore cette vingtaine d'auteurs, fleuron de la jeune école de Buenos Aires, n'avait été présentée au public européen.
La cinquième partie de l'exposition enfin, en forme de bouquet final, rend hommage aux cinquante années d'activité artistique et littéraire de José Muñoz lui-même.
(extrait présentation du site festival international de la bande dessinée)
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