
DEVOTEE
film de Rémi Lange
bande annonce
C’est avec un grand plaisir que je mets en ligne cet entretien qu’a bien voulu m’accorder Erwan Chuberre, auteur passionné !
Bonjour Erwan, tu es un auteur du style prolifique, aussi, Erwan comment présenterait-il l’auteur ?
Comme un auteur qui a du temps à rattraper. Je n'ai réellement commencé à écrire qu'en 2001. J'ai donc un peu l'impression d'avoir perdu beaucoup d'années... Et puis, après, je ne supporte pas l'idée de n'avoir aucun travail sur le feu ! Des fois, j'ai envie de faire une pause de quelques semaines, mais au bout de quelques jours, mes bonnes résolutions s'estompent... et la démangeaison de l'écriture me reprend !
Tu as eu avant de devenir écrivain, un parcourt assez atypique, peux-tu nous en tracer les esquisses ?
Je rêvais d'être comédien... Mais je n'ai jamais eu la chance du débutant, ni le toupet du celui qui voulait à tout prix réussir. Entre temps, j'ai fait de la radio à la Réunion. Ensuite, j'ai un moment travaillé dans l'événementiel tout en faisant des piges pour différents magazines gays. Là, je travaille dans l'univers du théâtre tout en consacrant mon temps libre à l'écriture.
Quel a vraiment été le déclencheur qui t’as amené à l’écriture ?
A 30 ans, j'ai réalisé que j'étais mal barré dans la vie. J'ai donc pris la décision de mettre par écrit ma propre expérience pour voir si j'en étais capable (« Sainte Mylène, priez pour moi ») C'était l'écriture ou des séances chez le psy ! Ensuite, un autre élément primordial fut ma rencontre avec Frantz, le garçon qui partage ma vie.
Lorsque l’on regarde tes écrits on y voit un fil conducteur Mylène Farmer, pourquoi elle ?
Parce que depuis tout jeune, le personnage de Mylène me fascine totalement. Dans chaque roman, je souhaitais lui rendre un hommage. Comme un cri de SOS... Ensuite, il y a eu les biographies... Aujourd'hui, j'ai fait la promesse d'être moins démonstratif et son ombre ne planera plus entre les pages de mes prochains romans... Je peux dire aujourd'hui que je suis guéri même si elle reste pour moi l'une de nos plus grandes artistes de la scène française...
Si l’on prend encore plus de recul, on s’aperçoit que les stars ont l’air de te fasciner, Vartan, Farmer, Madonna, qu’est-ce qui t’appelle à essayer de te fondre dans leurs regards ?
Toujours cette question de fascination. Le strass, les paillettes, la notion de réussite, l'émotion. Je suis impressionné par leur côté « Icônes ». Dans une société où il a toujours été très dur pour une femme de s'imposer, je dis bravo ! Bref, en résumé, j'aime les femmes sophistiquées qui ont « des couilles »!
Tu viens de publier « L’intégrale de Mylène Farmer », peux tu nous en parler.
C'est une encyclopédie regroupant plus de 200 entrées sur l'univers de Mylène. Un travail important qui m'a demandé beaucoup d'énergie. Dire que j'en ai souffert ne serait pas un euphémisme... mais quand on aime, on ne compte pas, non ? Malgré tout, j'en retire une immense fierté d'avoir approché des intervenants qui ne sont jamais exprimés sur l'artiste, comme Christophe Danchaud, par exemple. L'un des meilleurs amis de Mylène. Il faut dire que lorsque j'ai commencé à écrire « Mylène Farmer Phénoménale », beaucoup de portes se sont refermées sur moi car il leur manquait la confiance absolue. Tant de propos ont été déformé à propos de l'artiste...
Tu commences une biographie sur Madonna, sous quel angle veux-tu nous la proposer ?
Sous des angles différents et innovants, j'espère. D'abord, dans le style qui se rapprochera du roman, tout en conservant tous les événements de la fabuleuse carrière de Madonna. Ensuite, il y aura des témoignages de personnes qui ont approché la Madone ! Et, je peux vous promettre de bonnes surprises. Après, bien évidemment, je traiterai de l'impact qu'elle a depuis toujours sur le public gay, de cette formidable capacité de jouer avec ses deux images : la mère sévère et stricte qui se transforme en lady anglaise pour la presse anglaise, et la pop star qui ressort ses tenues de scène provocantes pour rester toujours à la pointe du courant actuel !
Qu’est-ce qui donne l’idée au romancier que tu es aussi, d’aborder tel ou tel sujet.
Une sensation. Une rencontre. Un fait divers ou un personnage avec qui j'ai envie de vivre quelques mois. Après chaque roman, je traverse toujours une période de spleen quand je quitte mes héros. Pour dire, Amélie de « Vierge Ascendants Désordres » et Chéri des « Lèvres de Sylvie Vartan » me manquent énormément. Après mon écriture se veut très cinématographique. Quand j'écris, je vois un film. C'est toujours troublant.
Quel est ton moteur intérieur ?
Le besoin quasi vital d'écrire. Comme un deuxième souffle ! Même quand je ne fais rien, je gribouille des mots et quand je me balade dans la rue, je cherche des sujets pour des futurs romans. Je m’épuise moi-même !
Qu’aurais-tu voulu faire, que pour l’instant tu n’as pas encore réussit à réaliser ?
Oh, plein de choses, comme écrire des textes pour des chanteuses à univers, et surtout écrire une pièce de théâtre. Mais pour l’instant, je n’en ai pas le temps. Tout comme mon plus grand rêve serait de monter une comédie musicale sur Louis II de Bavière ! Avis aux compositeurs et aux producteurs !
Tu as écrit le scénario « Le rôle de ma vie », te verrais-tu réalisateur ?
Non, du tout. Je préfère créer mes films par le biais de l’écriture. Les réalisateurs me fascinent. Comme Zulawski que j’apprécie énormément. Mais c’est un autre métier. Et puis, j’ai peur que ça soit beaucoup trop technique pour moi. Par contre, j’en reviens au théâtre, là je me verrais bien en metteur en scène.
Tu mets assez en avant la gaytitude (je ne dirai pas gay-attitude, ça rappellerai en paraphrasant un ministre et une chanteuse), ou la bisexualité, est-ce pour te démarquer de l’image traditionaliste de la littérature ?
Non, c’est juste que ça fait partie de ma vie. Je suis gay et fier de l’être, aussi il me paraît logique d’écrire sur ce que je connais le mieux. Maintenant, je trouve dommage qu’on soit obligé de mettre des étiquettes. Il faudrait que les maisons d’édition généralistes soient un plus ouvertes quant aux romans qui parlent de l’homosexualité. Ce qui n’est malheureusement pas le cas.
Tu as l’air très séduit par la Tunisie, et Hammamet en particulier, qui est attiré là-bas, le citoyen Erwan, ou l’auteur Chuberre ?
Les deux, même si je n’ai pas encore écrit sur la Tunisie. En fait, j’aimerais un jour acheter une petite maison là-bas. Je passerai la plupart de l’année à écrire. Mais, j’attends encore. C’est étrange car la première fois que j’ai posé mes pieds en Tunisie, notamment à Hammamet, je me suis senti merveilleusement bien. C’était comme un deuxième chez moi. Sans omettre le fait que les tunisiens sont des êtres adorables.
Si tu avais une priorité à défendre ou à partager avec ceux qui vont lire cette interview, que leur dirais-tu ?
Oh, je n’ai rien à défendre. Je ne sais pas me vendre.
A quelle question que l’on ne t’as jamais posée aimerais-tu répondre ?
Aucune. Chaque question est un plaisir à partir du moment qu’on ne me demande pas de prendre la parole devant une assemblée.
Quels sont tes projets à venir ?
Je travaille donc sur « Madonna, Absolument ! » qui doit sortir début avril 2008 et sur un autre projet qui sortira début 2008 dans un jeune maison d’édition gay. Mais pour l’instant, je ne peux pas en dire plus. Je respecte le choix de l’éditeur. Mais ça va être géant ! Sinon, je n’abandonne pas pour autant le projet « Divine(s) ». Un beau livre qui reprendra les merveilleuses toiles que Frantz Saunier a fait de Mylène Farmer. Des nouvelles inédites de différents auteurs viendront étoffer le tout. La sortie est sans cesse reportée, mais je pense que tout sera prêt pour la fin 2008. C’est un projet ambitieux. Tous les bénéfices de « Divine(s) » seront reversés à une association luttant contre le sida.
Pour conclure cet entretien, quel mot te vient à
l’esprit ?
Merci !
Merci surtout à toi !
(interview m.p. / copyright flash-news)
ils ont dit