présentation

other tops

coup d'projecteur





hervé domingue
l'album



justin timberlake
concert dvd



jann halexander
rendez-vous

undefined

miguel-ange
rare

pastille-fr--d--ric-lerner.jpg

frédéric lerner
cd

Images flash-news

recherche

 

(... suite et fin)

 

 

 

benoit-halon-2-nb.jpg

 




Avec le recul, comment analysez-vous la défaite de Ségolène Royal à la présidentielle, est-ce à votre avis la défaite de la personne ou la défaite de l’appareil ?

 

Ni l’un ni l’autre, c’est une défaite de la ligne politique ; les attentes de la population française, c’était le social, et nous, on a parlé d’autres choses (sourire).

Pour être très clair, on a pas deux millions de voix de retard sur Nicolas Sarkozy alors qu’on sort de cinq ans de politique de droite, qu’il y a un candidat qui fait peur, qu’il y a un réflexe vote utile qui joue pour nous, que les attentes des français c’est l’emploi, les salaires, les retraites etc etc…  qu’on a eu trois crises majeures, CPE, banlieue, c’est à dire échec de la droite sur son point fort : la sécurité, et Clearstream, pour se retrouver avec deux millions de voix de retard ! Alors je vais vous dire : ceux qui pensent que c’est la lacune de la candidate, c’est bidon comme argument. Celle qui pense, avec ses amis que c’est parce que l’appareil aurait traîné des pieds, c’est aussi bidon que la lacune de la candidate.

C’est la ligne politique qu’elle a défendue qui n’a pas convaincu les français, et disons le carrément, c’est là le principal échec de Ségolène Royal, c’est que là où elle avait un décor et un contexte qui ne rendait pas cette élection imperdable (il n’y a pas d’élection imperdable), mais nous la rendait éminemment gagnable, parce que les attentes des français étaient sur le point forts de la gauche, la question sociale. Elle a perdu parce que sa ligne a été incapable de convaincre les français sur cette question.

Il ne faut pas chercher midi à quatorze heure, c’est ce qui explique l’effondrement de la gauche.

Evidemment on était sur d’être qualifié au second tour tant le vote utile était fort, dès lors que Taubira et Chevènement étaient avec elle.

Ce qui est fou, c’est qu’au premier tour on est pas fait 30%, on a fait que 25, parce que nous n’avons pas été convaincant sur la ligne.

Tout le reste cherche à éviter les raisons de l’échec, je trouve que Ségolène Royal, comme ceux qui lui reprochent ses lacunes esquivent les vrais raisons du débat.

La vérité, les raisons sont les suivantes :

1 – l’échec personnel de Ségolène Royal

2 – la dérive politique du parti socialiste sur les dernières années.

 

Quand on m’explique aujourd’hui qu’il fallait rénover le PS parce qu’on était trop à gauche, laissez moi rire, on n’a pas fait une campagne de gauche !

Diriez-vous comme Georges Frêche qu'il faut "saborder le PS"

  

Non !

 

A votre avis, faut-il recadrer sur un ancrage gauche-gauche en acceptant par exemple pour les municipales les offres de services à Saint Brieuc de Lutte Ouvrière, ou tenter le dialogue au cas par cas avec le MoDem, comme il semble vouloir le faire sur Dijon ?

 

La stratégie, c’est le rassemblement de la gauche ; à ma connaissance le MoDem n’est ni de gauche ni de droite, mais vise un objectif qui est celui de son chef : être candidat à l’élection présidentielle de 2012, et cette fois-ci être au second tour en passant devant les socialistes.

L’objectif du MoDem n’est pas de s’allier avec le PS, il est de se substituer à lui sur cette frange de l’électorat où il se juge plus dynamique que nous, c’est à dire le centre gauche.

Donc la question est : «  voulons nous nous allier avec celui qui veut nous tuer ? »

 

Moi je dis que la perspective qui doit être la nôtre, c’est d’abord rassembler la gauche, surtout parce qu’elle est émiettée. Ne pas penser qu’elle se résume au 1.5% du PC,  2% des verts etc…elle va bien au delà. Il faut avoir vocation de rassembler l’électorat de gauche et avoir un objectif, un candidat unique de la gauche parlementaire à la prochaine présidentielle pour réaliser 30% au premier tour, et pouvoir ainsi être en position de gagner au second tour.

La seule stratégie efficace électoralement reste le rassemblement de la gauche. Je la trouve plus cohérente électoralement ; je ne choisis pas le rassemblement par purisme, parce que je me sentirai bien qu’à gauche, mais tout le reste ce sont soit  des élucubrations tactico-politiques sans intérêts, ou bien cela relève de la politique fiction.

 

Pensez vous que le candidat pour 2012 doit obligatoirement redevenir le premier secrétaire du parti, contrairement à cette année, ou si le principe des primaires doit perdurer ?

 

C’est un débat que l’on tranchera au congrès.

Est-ce que l’on continuera à organiser les primaires aux présidentielles de la même manière ou pas ? Est-ce que l’on privilégiera l’organisation de primaires dans toute la gauche, c’est à dire ouverte aux électeurs de gauche comme l’on fait les italiens, où ils ont invité leurs électeurs à s’inscrire pour choisir leur meilleur candidat ?

C’est comme ça que Romano Prodi a été désigné par quatre millions d’électeurs de gauche, ça a une autre gueule que la primaire des socialistes.

 

Quelle est votre vision pour re booster la gauche ?

 

Je pense qu’il y a le besoin d’un changement de ligne, et donc forcément changement d’équipe, mais qu’en même temps, le parti socialiste doit rester un parti dont le fonctionnement doit être attaché à la proportionnelle et non pas au scrutin majoritaire.

Je suis contre la présidentialisation du parti socialiste. Je ne suis pas pour que nous fassions le contraire de ce que l’on demande pour la république, c’est à dire qu’on soit pour la proportionnelle pour les institutions de la Vième, et que l’on soit pour le scrutin majoritaire au PS pour verrouiller le parti au profit d’une seule ou d’un seul.

 

Je suis pour que la diversité continue à s’exprimer à l’intérieur du parti. En même temps, je suis pour que se dégage une majorité claire, de façon à ce que tout le monde sache que le parti socialiste quand il parle, parle d’une seule voix, sur une ligne claire, « ce doit être dit et rappelé ».

Je suis pour que l’on rappelle ensuite que la perspective stratégique du PS comme je l’ai dit précédemment, reste et demeure le rassemblement de la gauche, mais qu’il soit ouvert et moderne.

Là où la droite est rassemblée et résolument de droite, soyons rassemblés et résolument de gauche. Après, nous aurons la liberté de nous ouvrir à qui voudra nous rejoindre, dès lors que nos fondations seront solides.

Aujourd’hui c’est parce que nous sommes fragiles sur nos fondations que nous sommes si peu audibles.

Une fois que l’on a dit « ma perspective, c’est le rassemblement de la gauche », je suis attaché à un fonctionnement qui maintienne la diversité et le débat politique, la porosité avec le monde intellectuel et le mouvement social.

Avoir une orientation nouvelle et une équipe nouvelle qui professionnalisent ce parti dans ses méthodes de communication, dans son rapport aux multimédias, avec le monde associatif, le monde syndical, le fait d’être en lien permanent avec ce monde universitaire intellectuel, voilà autant de choses qui sont nécessaires de faire aujourd’hui.

De qui vous sentez-vous le plus proche ? 

   

Personne.

D’individus sur différent points, j’ai plein d’affinités, mais pas une qui se distingue.

 

 

benoit-hamon-la-forge-copie-1.jpg

 

 

 

 

Vous venez de créer LA FORGE avec Noël Mamère, pouvez-vous nous en expliquer la démarche ?

 

LA FORGE pour bien comprendre, ce n’est pas un club indexé sur le calendrier des partis politiques pour fournir des réflexions à des politiciens qui n’en auraient plus, pour s’en servir à l’intérieur du PS pour conquérir le pouvoir dans leurs partis respectifs.

Nous avons crée LA FORGE avec Noël Mamère, ce n’est donc pas qu’une affaire de socialiste, on l’a crée car nous pensons qu’il y a beaucoup de sujets sur lesquels le discours de la gauche relève de « l’impensé ».

On fonctionne par réflexe maintenant sur certains sujets comme la république, la laïcité, les questions économiques, sans avoir pensé la nécessité  d’évoluer sur les solutions, et non sur les valeurs.

 

Vis à vis de cette situation, et vis à vis du fait que la gauche politique a consommé son divorce avec le monde universitaire, le monde intellectuel, le monde social, le monde associatif, on a ressenti la nécessité d’avoir un lieu totalement dédié à la reconquête du pouvoir par la gauche d’ici 2012, et dont l’objectif est de réarmer la gauche théoriquement sur les concepts et pratiquement sur les solutions.

Pour cela nous avons fait appel à une série d’hommes et de femmes du monde universitaire, intellectuel, associatif, syndical.

Il y a des flics, des chefs d’entreprises, des responsables associatifs, des professeurs de facultés, des intellectuels connus, d’autres moins connus… pour que dans quatre grands groupes de travail et deux cellules de veille, ils se mettent au boulot.

 

On publiera quatre livres par an, une note mensuelle validée-labellisée LA FORGE et une newsletter hebdomadaire qui alimentera et irriguera les rédactions de journaux, les laboratoires de recherches, les étudiants en science politique, ceux qui s’intéressent au débat politique, toutes celles et ceux qui aujourd’hui, au lieu d’aller puiser leurs argumentaires, leurs analyses ou les diagnostics des maux de la société française dans des fondations néo-conservatrices ou libérales, reprendront goût à s’intéresser au débat politique à partir d’une analyse de gauche.

 

On montrera qu’il n’y a pas qu’un seul diagnostic de la société française, et qu’à partir du moment où ils sont différents, les solutions aussi sont différentes.

 

Nous voulons par exemple que lorsque Attali fera son rapport sur les obstacles   structurels à la croissance, nous publierons un contre rapport de LA FORGE, qui à niveau d’expertise équivalent montrera que les solutions d’Attali sont d’une banalité éprouvée.

Il n’y a qu’à reprendre tout ce qu’écrivent les sociaux libéraux, tous les conservateurs de la terre entière pour faire le rapport Attali, ce n’était pas la peine de convoquer Trichet, dont on sait bien ce qu’il va dire ainsi que tous les autres.

Devant ce qu’est la resucée intellectuelle que nous proposera Attali, il y aura un contre rapport plus audacieux, plus inventif, plus en phase avec ce que sont les besoins des gens, et pas simplement les besoins des « marchés ».

 

D'où vient le nom LA FORGE ?
  

Une discussion entre nous.

L’idée est venue que les forgerons travaillaient le métal, de nouveaux alliages et que nous avions envie de cette référence au monde du travail et en même temps de transformer la matière.

 

Pour revenir sur des sujets de société, trois qui font débats depuis des années sans être jamais résolus.

 

Le téléchargement.

 

Ce qui m’intéresse, c’est l’irruption d’une génération dans le débat politique. Dans le sens où le télé chargeur se préoccupe de la  proposition de la taxation des disques durs, alors qu’ils téléchargent illégalement. Ceci montre qu’à un moment, cette génération a pris en compte la nécessité de rémunérer la création.

Je trouve ça intéressant, et je pense que la réaction de la gauche ce n’est pas simplement, en voulant défendre la rémunération de la création ce que je croyais être fondamental, d’en finir par défendre les intérêts des majors. Je trouve qu’il y a un débat à avoir, et qu’il y a là des libertés et un espace de proposition pour la gauche.

Je suis vraiment pour que nous avancions sur le débat des plates-formes de téléchargement, de manière à voir comment on peut à la fois rémunérer la création,  étendre la liberté et la capacité d’échanger.

 

C’est un espace qui ne doit pas faire peur, mais un espace naturel d’épanouissement et d’émancipation pour la gauche.

 

J’ajoute, bien que ce soit un autre sujet, que c’est dingue que la gauche ne soit pas en pointe sur le problème de l’euthanasie.

 

Le mariage gay.

 

Le mariage gay, j’y suis favorable depuis longtemps, et je suis aussi favorable à l’adoption. Il y a des problèmes de loi à régler. 

 

Le statut des intermittents.

 

C’est une population où quelques uns vivent bien, et où une majorité vit mal, extrêmement précarisée et vulnérable. Je regrette les derniers accords collectifs qui ont été signés dans ce domaine là. C’est encore un terrain sur lequel on est avec les intermittents.

Il faudrait que l’on puisse une fois pour toute légiférer et décider afin de les rendre moins vulnérables à ce qu’est leur précarité aujourd’hui, et notamment leur couverture sociale.

 

Si vous aviez une priorité à défendre ou à partager avec celles et ceux qui vont lire cet entretien ?

 

Ce qui me frappe actuellement c’est que nous sommes dans une société de plus en plus violente, arbitraire, raciste. Dans l’ordre de mes priorités c’est la lutte contre les violences, racistes, religieuses, sexistes, ethniques.

 

On vient de remettre à jour les violences faites aux femmes dans le Kivu au Congo. Violées, traitées en objet sexuel, cinquante mille femmes qui sont pour la plupart mutilées. Ca renvoie à la situation des femmes en général.

Mais il y  a aussi les morsures irréversibles contre le cadre de vie.

Ça me parait être les deux priorités.

Si je devais me concentrer sur deux choses aujourd’hui, ce serait comment lutter efficacement contre la progression de la violence dans le monde, ça fait « gnangnan » de le dire, mais ce sont les violences racistes sur le continent européen, la montée des nationalismes, la montée de l’arbitraire au nom de la religion, et donc des violences faites aux femmes en particulier.

 

Je ne supporte pas que l’on ne sache pas reconnaître un fasciste, au motif qu’il vient d’un pays, ex colonie de la France. Je ne vais pas m’excuser de dénoncer l’intégrisme, parce que quelqu’un vient d’un pays qui a été colonisé par mon pays il y a 50 ou 60 ans, alors qu’il y a des démocrates dans ces pays qui se battent contre ce fascisme là, c’est invraisemblable.

Ou parce que la radicalité d’une radicalité anti-américaine, et que moi je serai anti-impérialiste, je me reconnais parce que l’ennemi de mon ennemi est mon ami, « non », je ne suis pas ennemi des Etats Unis, je me sens adversaire de l’administration Bush. Ce n’est pas parce que Ben Laden est l’ennemi de Bush, que j’oublie qu’il est l’ennemi d’un modèle de société qui est aussi le mien, c’est à dire la démocratie. Aujourd’hui quand on voit des passerelles entre Tarik Ramadan et les alter mondialistes ça me révulse !

 

Pour conclure sur une note plus enjouée, en dehors de la politique qu’est-ce que vous aimez ?

 

Ma femme, ma future fille qui va arriver dans deux mois.

 

Le rugby aussi j’ai cru deviner.

 

Le rugby qui est ma passion, plus ça va, plus ça me passionne.  

 

 

Je vous remercie d’être le premier politique à avoir accepté de répondre à mes questions tout au long de cet entretien.

 

 

 

Lien site


Lien La Forge 

 

 


interview début - partie 1

(suite ) 

(suite et fin)

 

(interview.m.p. / copyright flash-news)
Dimanche 25 novembre 2007
ajouter un commentaire commentaires (2)   
Retour à la page d'accueil

calendrier

Octobre 2008
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31    
<< < > >>

recommander ce blog

Cliquez ici pour recommander ce blog

Paperblog
Blog : Sport sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus